QUI ETAIT LEON JAVELOT ?

Pendant la dernière guerre mondiale, la résistance à l'occupation allemande fut très active à Biache-Saint-Vaast. Albert Corette, Léon Javelot, Arthur Rollet, membres d'un mouvement de résistance, furent arrêtés par la Gestapo, déportés en Allemagne et y moururent. Jacques Dapremetz fut tué aux combats de la libération. Six résistants, déportés en Allemagne, sont décédés depuis leur libération : Paul Saudemont, Pierre Segond, Albert Lefebvre, Fernand Caron, Ambroise Stienne et Yves Delahaye.


L'U.S. Biache Athlétisme, avec à sa tête Emile Huré, dirigeant actif, ancien chef de résistance de la section 521 des FTP organisa, dès 1945, le premier cross qui portera le nom de "Cross Léon Javelot" pour honorer un athlète biachois ainsi que tous les résistants morts pour la France.

Léon Javelot est né à Biache le 24 juin 1911. Après ses études, il entre comme dessinateur industriel aux Ets Fourcy à Corbehem. Il pratique le football au FC Biache, il sera à la base de la formation de l'Union Sportive Biachoise. Athlète complet, remarquable, il obtint brillamment son brevet de moniteur militaire. Il accomplit son service militaire au 5ème Génie à Versailles. Libéré, il reprend son métier et fait les beaux jours du sport biachois. Mobilisé le 3 septembre 1939, il est affecté dans une poudrière en Haute-Garonne et il rejoindra la zone occupée en juillet 1940. Immédiatement, il cherche à rendre service à sa patrie occupée, contacté par Voix du Nord et OCM ; il devient agent P1 puis P2.
Son activité patriotique fut intense : distribution de la presse clandestine, mise en sûreté d'aviateurs alliés, d'évadés et de rétractaires STO. Il participe à la préparation des parachutages, à l'entrepôt d'armes et de munitions, fournit des renseignements militaires aux alliés, recherche et instruit des volontaires pour la libération. Arrêtés avec une vingtaine de camarades par la Gestapo, ils furent incarcérés à la prison de Cuincy le 13 septembre1943. Ils subiront de terribles interrogatoires mais pas un ne parlera. Le 20 novembre 1943, Léon et ses frères d'armes sont transférés à Loos puis à Saint-Gilles, Bruxelles, Essen et enfin au camp d'Esterwegen. Là, Léon et huit de ses camarades sont condamnés à mort par le Tribunal du peuple. Ils furent décapités à la prison de Munich le 28 septembre 1944 et incinérés le même jour.

Après la libération, Messieurs Georges Détrez de Vitry et Ambroise Stienne de Biache réussiront, après d'incroyables péripéties et grâce à l'aide du capitaine Louis Pillat de Brebières, à ramener en France les urnes funéraires. Ne connaissant pas l'ordre exact des exécutions, les cendres ne purent être rendues à leurs familles, c'est pourquoi la crypte des décapités de Munich a été édifiée à Vitry en Artois. Léon Javelot, sous-lieutenant des FFC est titulaire de nombreuses décorations dont la Légion d'Honneur.